Bois précieux : une déforestation hors de contrôle à Madagascar

Une étude révèle que l’exploitation du bois à Madagascar est hors de contrôle. Entre 2009 et 2015, une équipe de l’ONG Traffic, le réseau mondial de surveillance du commerce de la faune et la flore, a amassé une quantité incroyable d'informations sur le terrain auprès des habitants des forêts, des intermédiaires et des trafiquants de bois de rose, d'ébène ou de palissandre.

arbre madagascar
Arbres en rondins issu d'une exploitation forestière à Madagascar © Aiky Ratsimanohatra

Le contexte de la protection du bois précieux

Les bois présents à Madagascar (bois de rose et d’ébène) suscitent une forte demande. En effet, la Grande Île est un « hot spot » mondial de la biodiversité. Environ 80% des espèces y sont endémiques, c’est-à-dire qu’elles n’existent nulle part ailleurs. Ce bois précieux, lourd et dur est très prisé en Chine pour la fabrication de meubles traditionnels de luxe.

En 2004, deux cyclones ont déraciné plusieurs milliers d’arbres. Le gouvernement a alors autorisé la collecte du bois précieux arrachés et sa commercialisation. L’autorisation d’exploitation a pris fin en 2005 mais la commercialisation du bois précieux se poursuit de façon illégale. A Madagascar, l’exploitation de ce bois est interdite et contrôlée par un embargo international depuis 2010.

Madagascar bois cyclone

Arbres déracinés par les cyclones ayant touchés Madagascar en 2004 © Episcopal relief and development

Le constat de l’étude

Le réseau de surveillance du commerce de la faune et de la flore sauvages Traffic a publié une étude alarmante qui dénonce le « zéro contrôle sur la gestion des ressources en bois précieux à Madagascar » depuis 2010. Entre 2009 et 2015,

  • 350 000 arbres ont été abattus illégalement à l’intérieur des aires protégées,
  • au moins 150 000 tonnes de rondins ont été exportés illégalement,
  • 98 % des exports de bois précieux s’effectue vers la Chine.

Les législations et la déforestation illégale

Sans contrôle d’exploitations forestières et à cause de l’instabilité politique, l’exploitation s’est vite étendue à la déforestation. De plus, les sanctions punitives contre les trafiquants sont encore rares. D’après les chiffres donnés par le rapport, seules 20% des personnes soupçonnées dans ce trafic illégal passent devant la justice.

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Bois rose de Madagascar © Mariusz Wieckowski

Entre 2009 et 2015, le rapport estime que les trafics de bois précieux ont créé un manque à gagner de 500 millions de dollars pour l’Etat.

« La politique de gestion de bois précieux se caractérise par un décalage entre les décisions de gestion (c’est-à-dire les déclarations politiques et les engagements internationaux) et leur mise en œuvre sur le terrain ». – Rapport de l’alliance Traffic

Les projets de lutte contre la déforestation

Le projet SCAPES, financé par l’USAID, a pour but de lutter contre le commerce illégal des ressources naturelles de Madagascar par le renforcement des capacités des parties prenantes malgaches. Le projet a été lancé en 2013 et mis en œuvre par un consortium de quatre ONG à savoir WWF, Wildlife Conservation Society, Conservation International et Traffic, en étroite collaboration avec la société civile et le gouvernement.

Si l’étude permet de formaliser et de rendre compte de l’importance du problème, tout reste à faire pour lutter contre cette exploitation. 

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Co-fondatrice de l’association all4trees.

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