L'agroforesterie au secours de l'Afrique

Dans certains pays d'Afrique, le climat, l'aridité des sols et la sécheresse freinent la production agricole. Comment réussir à répondre à la demande de manière durable et efficace ? La réponse est dans l'agroforesterie !

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Portrait d'une femme portant des produits issus de l'agroforesterie, Cameroun © Ollivier Girard (CIFOR)

L’Agroforesterie c’est quoi ?

L’agroforesterie est une technique agricole qui intègre les arbres et la sylviculture pour diversifier les exploitations et profiter des effets positifs engendrés par l’intégration des arbres dans les cultures.

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Agroforesterie en Éthiopie © Trees for the Future

Le but est de produire mieux et plus intelligemment ! En intégrant les arbres dans l’agriculture on profite ainsi de ses effets positifs : préservation de la fertilité des sols et des ressources en eau, prévention de l’érosion des sols, meilleure capacité à faire face aux aléas climatiques (comme les inondations par exemple) et économiques, conservation de la biodiversité…

Les arbres peuvent être intégrés à tout système de culture : grandes cultures, maraîchage et viticulture, élevage ovin, bovin ou de volailles etc. L’objectif est de trouver un équilibre durable entre une production intensive en monoculture (pas vraiment écologique) et l’agro-foret qui ne dégage en général pas assez de revenu pour le producteur.

Les enjeux de l’agroforesterie en Afrique

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Agroforesterie au Ghana © Trees for the Future

Dans les pays d’Afrique, l’agroforesterie est utilisée principalement pour fertiliser le sol et fonctionner en symbiose avec les plantes cultivées. En associant la plantation d’arbres dits « fertilitaires » et la culture ou l’élevage, l’agroforesterie permet de répondre à trois grands problèmes :

  • La faible production agricole et le manque de revenus pour les agriculteurs,
  • la déforestation et la pénurie de bois,
  • la dégradation de l’environnement et l’aridité des sols.

Découvrez des projets d’agroforesterie en Afrique

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Portrait d’une femme portant du bois de feu, Lukolela, République Démocratique du Congo (RDC) © Ollivier Girard (CIFOR)

Par exemple en République Démocratique du Congo (RDC), la population dépend fortement du bois pour répondre à la demande énergétique (bois de feu ou charbon de bois) des ménages et pour les activités économiques (production de briques). Ajouté à cela, le pays est contraint par une saison sèche importante (sept mois) et subi une croissance démographique qui augmente d’autant plus ses besoins en bois.

L’agroforesterie apparaît comme une solution durable. Elle met en valeur, par l’agriculture, des zones moins fertiles comme les savanes, tout en offrant une alternative au défrichement de forêts naturelles riches en biodiversité comme en carbone, sans pour autant condamner la filière du bois-énergie.

Découvrez des projets d’agroforesterie en Afrique

Les freins et les lobbies

Si les avantages de l’agroforesterie sont aussi importants, pourquoi son utilisation est-elle encore limitée ? Bruno Devresse membre de l’APAF Internationale (Association de Promotion des Arbres Fertilitaires) dénonce la pression exercé par les lobbies :

« Il y a eu une vraie volonté d’éliminer l’agroforesterie après la seconde guerre mondiale et la diffusion à grande échelle des engrais chimiques. On a même forcé des paysans au Togo à abattre les arbres qu’il y avait dans leurs plantations. »
– Bruno Devresse (AFAP International)

Selon l’APAF, même les institutions qui luttent contre la famine dans le monde et le changement climatique ne sont pas forcément bien conseillées et subissent elles-aussi l’influence des lobbies. Au final, les engrais chimiques, pesticides de synthèses et OGM sont fortement répandus, engendrant des conséquences et des dégâts environnementaux dramatiques.

« Les sols sont tellement appauvris que les paysans ne peuvent même plus cultiver les céréales pour se nourrir. S’en est suivi l’exode vers les villes, puis l’émigration clandestine ou légale vers les pays européens. »– Mansour Ndiaye (APAF Sénégal)

Si les intérêts de l’agroforesterie ne sont plus à prouver. Il reste cependant un long chemin avant que son utilisation se répande. Le manque d’information sur cette technique et la pression des lobbies freinent considérablement l’avancée de l’agriculture vers un mode de production plus responsable, plus sain et durable.

Découvrez des projets d’agroforesterie en Afrique

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Co-fondatrice de l’association all4trees.

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